Focus sur… le Centre régional d'information et de prévention du sida et pour la santé des jeunes (CRIPS) Île-de-France - écrit en collaboration avec Rafaël ANDREOTTI

Le CRIPS Île-de-France mène des opérations de prévention auprès des jeunes sur différents domaines pouvant les toucher, parmi lesquels le VIH et les IST.

Rafaël Andreotti, son Directeur général adjoint, nous présente cette structure associative née en île-de-France, il y a trente ans, de la volonté des pouvoirs publics.

 

La genèse. « Le Crips d’Île-de-France est né il y a trente ans. En 1988, l’épidémie du VIH sévissait avec, à la clef, une nécessité urgente d’agir. C’est pourquoi les pouvoirs publics ont encouragé la création de cette association qui s’est insérée dans l’environnement relatif au VIH, lequel était déjà composé de beaucoup d’acteurs. Et ce, en se concentrant sur la santé des jeunes de 13 à 25 ans. Ce qui forge à la fois la spécificité et la complémentarité du Crips avec ces autres acteurs. Au départ, il s’agissait de sensibiliser et d’agir pour réduire les dommages de l’épidémie puis l’approche s’est élargie à la vie affective et sexuelle au-delà du VIH. En outre, d’autres Crips régionaux ont vu le jour et se sont constitués en réseau. Celui d’Île-de-France est le plus important. »

 

Son but. « Le Crips est axé à 100 % sur la promotion de la santé, la prévention et la prise en main de sa santé à partir d’une approche positive. Et ce, dans une approche positive. Il ne s’agit pas de faire de la prévention par la peur. Le Crips est complémentaire aux associations qui accompagnent des personnes vivant avec le VIH. Il agit sur des questions liées à la vie avec le VIH, notamment la lutte contre les discriminations, l’homophobie et la sérophobie ou encore, le sexisme. Notre objectif est d’agir pour que les personnes puissent mieux vivre avec le VIH en étant le moins impactées possible. »

 

Son fonctionnement. « Le Crips est en quelque sorte une interface entre les pouvoirs publics, les publics concernés et les autres acteurs associatifs. Notre rôle consiste à allier les positions et/ou les besoins des uns et des autres. Nous ne pensons pas les choses en termes de dépendance vis-à-vis des pouvoirs publics. Certes, nous fonctionnons avec des subventions publiques puisque nous sommes financés à hauteur de 80 % par le Conseil régional, auquel nous sommes associés en tant que principal opérateur francilien sur ces sujets de prévention, et par l’Agence régionale de santé (ARS), laquelle est notre deuxième financeur. Nous travaillons avec l’ensemble des pouvoirs publics pour construire ensemble un système de prévention qui nécessite un maillage important et complémentaire entre les différents acteurs. »

 

Pour qui ? « Au total, nous menons en moyenne 3 000 actions par an auprès des lycéens mais aussi d’autres publics prioritaires comme les migrants, les jeunes en insertion, les personnes en situation de handicap, la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ)… Sur le terrain, nos actions se concentrent principalement sur la sensibilisation des élèves sous la forme d’animations-débats d’une durée de deux heures dans les lycées dans la mesure où le Crips a est agrée par l’Éducation nationale. Il s’agit de rechercher favoriser l’emergence de representations en lien avec la santé entre les jeunes et les animateurs. Ces derniers font office de médiateurs qui favorisent l’échange tout en apportant des informations et des rectifications dans la lignée des contenus scientifiquement validés. Sans oublier, bien sûr, la sensibilisation au VIH et aux IST ainsi que la déclinaison de certaines thématiques comme la vie affective et sexuelle ainsi que le bien-être. Par ailleurs, concernant les publics prioritaires, nous intervenons dans différents types de structures médico-sociales (Missions locales…) en adaptant à chaque fois les outils pédagogiques, par exemple en fonction du degré de maîtrise de la langue française des personnes auxquelles nous nous adressons. A noter que nous sommes aussi un centre de formation car nous proposons des formations à l’intention de professionnels du secteur de la prévention et de la promotion de la santé. L’objectif est d’actualiser et diffuser des  contenus afin qu’ils soient plus facilement intégrés dans les activités quotidiennes de ces professionnels, lesquels peuvent en outre être sensibilisés à certaines thématiques comme la vie affective et sexuelle des personnes en situation de handicap, la santé mentale, l’hygiène de vie…. Dans tous les cas, il s’agit toujours d’une approche interactive, qui prennent en compte les savoirs de terrain.

 

Et encore… « Par ailleurs nous avons un programme intitulé BIP, pour Bus Information Prévention, dans le cadre duquel deux bus se déplacent en Île-de-France pour faire, auprès des acteurs locaux (Gares, Mairies, Protection Judiciaire de la Jeunesse...), de la prévention et de la sensibilisation dans les zones où elles sont absentes. Là encore, il s’agit d’animer sur place des espaces d’échanges et de pérenniser avec des partenaires locaux l’action afin qu’elle ne soit pas un « one shot »* du Crips.

Enfin, nous sommes présents lors de certains festivals franciliens pour faire de la prévention relative aux pratiques à risque. C’est également l’occasion de diffuser des kits de prévention et d’apporter, de manière ludique, une aide concrète aux jeunes ou encore, d’organiser des concours comme la réalisation de clips vidéo destinés à sensibiliser le grand public aux thématiques de santé. »


* « One shot » : un seul coup

 

Interview réalisée avec Rafaël Andreotti, Directeur général adjoint du CRIPS le 23 Avril 2018

http://www.lecrips-idf.net/

 

 

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