Ils agissent - Le centre de santé sexuelle C2S à Lyon - écrit en collaboration avec le Docteur Jean-Michel LIVROZET

Divers sont les professionnels de santé et les structures proposant aux patients atteints du VIH et/ou à leurs proches accueil, écoute voire assistance. Tous peuvent être d’une aide précieuse, mais il n’est pas toujours évident de savoir à quel(s) interlocuteur(s) s’adresser, pour quel(s) besoin(s) et à quel(s) moment(s). La thématique « Ils agissent » de Prévenir pour l’avenir se propose de vous aider à y voir plus clair.

Aujourd’hui, focus sur le Centre de santé et de sexualité (C2S) de Lyon – une structure associative née de la volonté commune de médecins hospitaliers et libéraux et d’associations de lutte contre le sida et soutenue par le Corevih Lyon-Vallée du Rhône – avec le Docteur Jean-Michel Livrozet, Président du Corevih.

 

 

La genèse. « Il faut préciser en préambule que les centres de santé sexuelle ne sont pas si nombreux en France : il n’en existe pas dans toutes les villes, loin de là. Le C2S, lui, a ouvert en Mai 2016. Auparavant, nous organisions des consultations de sexologie de manière hebdomadaire avec le réseau Virages santé (qui gère aujourd’hui le centre). Mais nous avons vite rencontré une limite : nous n’étions pas situés dans une rue très passante et, pour accéder à nos locaux qui n’avaient pas pignon sur rue, il fallait sonner à un interphone, grimper un étage… Or, on ne fait pas cette démarche-là avec la même facilité que celle de passer un pas de porte. Le hasard a fait qu’une association de lutte contre le VIH, propriétaire des locaux en rez-de-chaussée où nous nous trouvons aujourd’hui, déménageait. Nous avons sauté sur l’occasion car cela se situe dans une rue extrêmement bien placée, dans le quartier très vivant de la Croix-Rousse à Lyon, dans une rue où passent quotidiennement entre 6 000 et 10 000 personnes, non loin de l’hôtel de ville, d’une station de métro, d’un parking de grande taille… Bref, un endroit très fréquenté, idéal pour toucher un grand nombre de personnes. »

 

Son but. « Notre centre n’est ni un CeGIDD (Centre Gratuit d’Information, de Dépistage et de Diagnostic des infections par les virus de l’immunodéficience humaine, des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles), ni une structure médicale, et ne leur ressemble pas. S’y trouvent toujours un professionnel de santé et un membre associatif afin d’offrir la présence d’acteurs de prise en charge et de prévention. En pratique, nous proposons du dépistage VIH-IST et des vaccinations notamment contre l’hépatite A (combinés à des opérations hors-les-murs), des consultations de sexologie, des groupes de paroles avec un psychologue, un accompagnement pour les chemsexeurs, les usagers de drogues, les personnes ayant des pratiques sexuelles à risques, etc. Par sa situation et sa configuration, le centre est un lieu dénué de stress, auquel on peut accéder sans formalités administratives. Le centre est ouvert de 18h à 21h du lundi au jeudi et le samedi de 15h à 19h, généralement sans attente. Pour résumer, notre but est d’être au plus près de la population. »

 

Pour qui ? « Notre localisation et nos horaires nous permettent de recevoir des gens de multiples horizons, qui peuvent venir après leur journée de travail à l’heure où d’autres structures sont fermées. Nous voulons proposer une offre diversifiée et, de ce fait, nous organisons chaque soir des types de rendez-vous différents pour des populations précises et identifiées. Ainsi, le lundi est réservé à la population gay (avec le réseau Virages Santé et un médecin) et le mardi est consacré au dépistage et à des consultations de sexologie (avec un médecin et un sexologue) à destination des jeunes du quartier (homosexuels comme hétérosexuels). Le mercredi, les soirées Féminitude sont consacrées aux femmes ou aux personnes en quête de leur identité sexuelle (avec le concours d’associations LGBT, de médecins et de sages-femmes). Des conseils en addictologie sont également à disposition. Le jeudi se tiennent des groupes de parole thématiques consacrés, d’une part, aux « Femmes et VIH » et, d’autre part, aux hommes ayant subi des violences sexuelles durant l’enfance. C’est le seul soir où les portes du centre ne sont d’ailleurs pas ouvertes à tous. Enfin, le samedi après-midi, l’association Aides tient une permanence. »

 

Son fonctionnement. « Notre structure repose sur un multi-partenariat, c’est là notre essence et notre spécificité. Elle est portée à la fois par les professionnels de santé et les associatifs (le Réseau Virages santé en tête), sans existence juridique propre. C’est ce qui fait à la fois sa force et sa faiblesse, particulièrement en matière de financement qui repose seul sur le Corevih : nous ne sommes en effet financés ni par la collectivité, ni par l’ARS. »

 

Et encore… « En plus de ses rendez-vous hebdomadaires, le C2S organise aussi des opérations ponctuelles comme des semaines de vaccination (en Juin et en Septembre) ou des semaines de dépistage (« Semaine flash test » en Septembre également et lors de laquelle le centre est ouvert durant les après-midis et les soirées). Enfin, le centre s’implique dans la mobilisation « Break the chains »*, née en Suisse, pour promouvoir les rapports protégés et le dépistage auprès de la population gay. »

 


*Break the chains = briser les chaines

Interview réalisée le 31 Janvier 2018 avec le Docteur Jean-Michel LIVROZET

 

Centre C2S : 5 rue du Griffon – 69001 Lyon

https://www.c2slyon.com

 

 

 

 

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