Quels traitements pour quels objectifs ?

Le VIH cible les cellules du système immunitaire (CD4). Lorsque celui-ci infecte une cellule, il initie ce que l’on appelle un cycle de réplication (cf image ci-dessous). La réplication du virus entraîne alors la destruction des CD4 et une augmentation de la charge virale. Le corps se retrouve en situation d’immunodéficience et devient incapable de se défendre contre des infections graves, laissant le champ libre à des maladies opportunistes.

 

Cycle de réplication du virus du VIH : 

 

infographie réplication virus VIH

 

Les traitements antirétroviraux (ARV) s’organisent en classes. Et chacune de ces classes cible une étape différente du cycle de réplication du virus. Ainsi, l’action de ces traitements contribue à bloquer le cycle de réplication du virus (1).

Les différentes classes de traitements antirétroviraux (2) :

En 2018, plus de 20 antirétroviraux du VIH dans 6 classes médicamenteuses sont disponibles :

- inhibiteurs nucléosidiques/nucléotidiques de la transcriptase inverse (INTI) ;

- inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI) ;

- inhibiteurs de la protéase (IP) ;

- inhibiteurs de l’intégrase (INI) ;

- inhibiteurs de la fusion (IF) ;

- antagonistes du CCR5 (anti-CCR5).

 

Comment choisit-on le traitement ? (2)

Il est important que le choix du premier traitement soit individualisé et discuté avec le patient. L’objectif étant d’atteindre un niveau maximal d’observance. Ce choix fait intervenir :

- la tolérance du traitement ;

- la facilité de prise en fonction des conditions et du rythme de vie du patient ;

- les interactions médicamenteuses attendues avec d’éventuels autres traitements concomitants ;

- les autres pathologies concomitantes du patient, en particulier cardiovasculaires, rénales, hépatiques, les conduites addictives et les troubles psychiatriques, l’existence d’une tuberculose ;

- les différents tests biologiques et autres analyses guidant le choix du traitement le plus approprié ;

- le coût du traitement.

 

Quelle efficacité ? (2)

Il faut par ailleurs avoir conscience que :

- La réponse thérapeutique au premier traitement ARV conditionne l’évolution thérapeutique ultérieure.

- Aucun traitement ne peut être optimal pour tous les patients. Sa composition pourra être adaptée en fonction de la tolérance et de la réponse virologique.

- Plus le patient respecte scrupuleusement la prescription médicale du médecin, plus les chances de réussite du traitement sont grandes. L’observance du traitement conditionne ainsi son efficacité (1) (Lire aussi l'article "L'observance du traitement").

L’objectif principal du traitement antirétroviral est d’empêcher la progression vers le stade SIDA, c’est-à-dire en maintenant ou en restaurant un nombre de CD4 >500/mm3 et en rendant la charge virale indétectable (<50 copies/ml) (2)

Aujourd’hui, la majorité des patients sous traitement ARV sont en succès virologique (94 % des personnes traitées depuis au moins 6 mois ont une charge virale indétectable, inférieure à 50 copies/ml)(4)

(1) Guide Vie positive 2019, consulté le 7 novembre 2019, https://seronet.info/sites/default/files/guide-vie-positive-2019.pdf
(2) « Initiation d’un premier traitement antirétroviral », Recommandations du groupe d’experts, avril 2018, consulté le 7 novembre 2019, https://cns.sante.fr/wp-content/uploads/2017/01/experts-vih_initiation.pdf
(3) « Suivi de l’adulte vivant avec le VIH et organisation des soins », Recommandations du groupe d’experts, avril 2018, consulté le 7 novembre 2019, https://cns.sante.fr/wp-content/uploads/2018/05/experts-vih_suivi.pdf
Un traitement mais pas une guérison

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